[La Reprise du Jeudi] Robert Palmer, Frantic et les autres – Johnny and Mary

Frantic, artiste basé à Bordeaux, a trouvé pseudonyme en regardant le film de Polanski de 1988 portant le même nom. Celui qui ce dit inspiré par les chanteurs solo classieux, de David Bowie à Bryan Ferry, publie cette année un album de reprise de morceau des années 80. Le premier extrait, Eyes without a Face de Billy Idol avait déjà son chemin quand l’ensemble de Récital a été dévoilé. Frantic est seul au piano du début à la fin, à l’exception d’un titre, Johnny and Mary de Robert Palmer. Cette reprise a la particularité d’avoir été enregistrée en duo avec son auteur en janvier 2000 au studio du Palais, et était restée inédite jusqu’à maintenant.

Frantic et Robert Palmer se partagent donc le micro lors que Benoît Carré de Lilicub joue de tous les instruments, produit et mixe ce Johnny and Mary aux accents folk.

 

Le chanteur britannique s’éteindra le 26 septembre 2003 à Paris, des suites d’une crise cardiaque. Son répertoire avait un son s’intégrant parfaitement aux années 80 naissante, en atteste ses tubes teintés de soul Every Kinda People ou Mercy Mercy Me. Mais le titre qui est resté est plus rock, et toujours classieux, tout le monde a déjà entendu Johnny and Mary, au moins dans une pub Renault.

 

Le titre Johnny and Mary a par la suite fait l’objet de plusieurs reprises, plutôt de bonne qualité. Tout d’abord, il faut noter que la collaboration avec Frantic n’est pas la première de Robert Palmer avec un artiste français puisque dès 1980, il donnait la réplique à une dénommée Marie Léonor qui chantait en français, ce qui nous permettra à ceux dont l’investissement en cours d’anglais laissait à désirer de comprendre de quoi il s’agit. On retiendra une prestation “live” chez Collaro en 1981 pour l’illustrer.

Puis toute une ribambelle de chanteuses solos ont interprété le titre, des noms tombés dans les oubliettes du Top 50. Quitte à s’enfoncer dans les eighies jusqu’au cou, on va garder Leigh Jaeger et son clip kitschissime, ainsi que Manuela Rendall pour la version en italien. De nos jours, le titre est encore prisé des groupes à clavier, des post-rock ou des synthé-rock, et on retiendra la version du groupe de Brooklyn Black Marble, sortie sur leur dernier EP , au printemps 2020. Si on délaisse les claviers, c’est Placebo qui vient placer des guitares incisives et le charisme de Brian Molko.  Ces versions sont largement acceptable mais manquerait peut être d’un brin d’originalité.

Non, la version majeure de Johnny and Mary date de 2014 et est l’œuvre du DJ norvégien Todd Terje qui pour son premier album convainc le grand Bryan Ferry (tiens tiens, une influence de Frantic) de venir poser sa voix suave sur des sonorités électroniques aussi chics qu’atmosphériques.

A noter aussi, dans la playlist à suivre (clic sur l’icone en haut à gauche pour le menu), une chouette version folk de The Tallest Man on Earth. Le troubadour   suédois aux tempes grisonnantes l’avait enregistré pour la célèbre radio de Seattle KEXP. Le prix de la reprise la plus dingue ira sans conteste aux allemands de The Notwist, une référence dans le monde indé. Elle commence comme une chanson de rue ou de Noël sous la neige, s’électrifie et se termine avec une double pédale digne du Hellfest !

 

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