[Le Son du moment] Kelela / linknb
Après la sortie de idea 1 (on vous en a parlé en Avril… clic) et une projection intimiste pour ses fans qui a paralysé SoHo, Kelela annonce new avatar, son troisième album chez Warp Records, attendu le 10 juillet, et en dévoile un deuxième extrait, linknb, produit par Oscar Scheller.
linknb s’inscrit naturellement dans cette nouvelle ère. Né d’une période de blocage créatif, le morceau a d’abord pris la forme d’un mantra que Kelela s’est écrit pour relancer son processus. Porté par un riff de guitare labyrinthique et une batterie metal incisive, il explore la confiance forgée dans l’épreuve et le refus de se laisser intimider.
Le clip, réalisé par Mischa Notcutt, place Kelela au cœur d’un paysage urbain (c’est bien New York), où elle avance avec urgence et détermination. Ami proche et ancien directeur artistique de l’artiste, Notcutt s’imposait comme un choix évident. À la frontière du réalisme et de l’abstraction, la vidéo transforme ce voyage solitaire en une méditation sur la découverte de soi et le renouveau.
new avatar marque un point de convergence dans le parcours de Kelela. Après avoir commencé à écrire sur la scène indie de Washington, puis s’être tournée vers la musique de club et la production électronique qui ont façonné ses débuts, elle opère ici un retour aux sources élargi. Le R&B s’y mêle à des guitares distordues et s’ouvre à de nouvelles intersections avec la musique dance, donnant naissance à un son nourri de toutes ses influences. L’album réunit également PinkPantheress, A. K. Paul et Fousheé.
À travers cet album, elle affronte un monde vacillant et la lucidité qu’impose la survie. En filigrane, new avatar dessine une expérience multidimensionnelle : le tumulte extérieur y est bien présent, sans jamais entamer la détermination de Kelela.
À propos d’elle justement…
Tout au long d’une carrière saluée à l’échelle internationale, et marquée par une volonté constante de repousser les limites, Kelela s’est forgé une trajectoire singulière, à la croisée du R&B et des musiques électroniques. Avec son troisième album très attendu, new avatar, la chanteuse et compositrice, également musicienne grâce à sa maîtrise de la guitare, bouscule à nouveau les frontières de ces genres. Elle y entremêle des fragments d’expériences personnelles pour façonner un univers habité par la connexion et la résilience, en résonance avec les turbulences contemporaines.
Les morceaux explorent une palette riche de thèmes : la rage des femmes noires, la joie envisagée comme acte de résistance, une dystopie aux accents de Gotham City, la misogynoir, les tensions amoureuses, entre autres. L’ensemble repose sur une production ambitieuse, qui invite à repenser en profondeur les contours de la musique alternative, rock et indie.
L’élan rebelle de Kelela l’a rapidement portée au-delà de sa ville natale, Washington, D.C., jusqu’aux scènes du monde entier. En 2013, elle dévoile sa première mixtape, Cut 4 Me, avant de consolider son identité sonore avec l’EP Hallucinogen en 2015. Le single Rewind y est d’ailleurs salué par le New York Times, qui le classe parmi les 25 chansons qui nous indiquent où va la musique. En 2017, elle franchit une nouvelle étape avec son premier album, Take Me Apart, œuvre électrisante prolongée en 2018 par Take Me Apart, the remixes, qui approfondit son approche narrative intime.
Après près de cinq années de silence, elle signe un retour marquant en 2023 avec Raven, suivi en 2024 de Raven, the remixes, tous deux largement acclamés. Raven figure notamment parmi les meilleurs albums de 2023 selon Pitchfork, Billboard, Vulture, Variety et bien d’autres, tandis que son projet de remixes confirme son rôle central sur la scène dance.
En 2025, Kelela révèle une nouvelle dimension de son art avec In The Blue Light, un album live salué qui atteint la 5ème place du classement Contemporary Jazz et la 20ème du classement jazz.
Aujourd’hui, avec new avatar, elle affirme une maîtrise toujours plus fine dans la création de paysages sonores urbains inédits. Mais loin de toute forme d’évasion, sa démarche reste ancrée dans le réel.
Je ne veux pas que la musique détourne l’attention de ce qui se passe réellement dans le monde ; je veux qu’elle vous aide à vous y plonger.