[Le Son du moment] Family Stereo / Fault Lines
Bella Union annonce la signature de Family Stereo, projet de l’auteur-compositeur-
Aux accents folk subtilement teintés de délicatesse, The Thread propose une réflexion sensible sur la distance et les liens humains. À la fois dynamique et finement cinématographique, l’album se distingue par une grande précision artistique, révélatrice d’un talent en pleine maturation. Pour accompagner cette annonce, Blake partage son premier single, Fault Lines, un morceau évocateur qui explore la perception des tensions dans les relations et la manière de naviguer dans les zones d’ombre qui séparent les individus. Le tout est porté par un motif de guitare entêtant, traversé de nappes de synthés éthérés et soutenu par un rythme pulsé.
The Thread s’inscrit dans la continuité d’une série de singles publiés par Blake, 25 ans, fils de Tracey Thorn et Ben Watt (Everything But The Girl). L’évolution par rapport à ses premiers travaux est nette, mais elle se traduit ici par un raffinement accru plutôt que par une simple ornementation.
Mon écriture s’est simplifiée au fil du temps. Je réalise de plus en plus que la simplicité est préférable. J’aime raconter une histoire ou transmettre un sentiment de la manière la plus directe possible, sans fioritures.
Cette clarté intuitive se manifeste dès le premier titre, Remedy, qui esquisse immédiatement une histoire dès sa première phrase After all you said and all I did… L’arrangement, à la fois minimaliste et expressif, installe une tension émotionnelle subtile : le piano épuré de Blake et les touches scintillantes de synthé du producteur Sam Hodder-Williams créent une atmosphère suspendue, légère mais maîtrisée. Sa voix, chaleureuse et délicate, trouve ici un équilibre juste, portée par une grande retenue et un sens précis du rythme.
Tout au long de l’album, les détails se déploient progressivement, avec finesse. Le soft rock mélancolique de Waiting on Nina explore la quête de soi, soutenu par le lap steel lumineux de Dov Sikowitz, tandis que Sea Change aborde l’évolution des relations dans le temps à travers des textures de synthés utilisées pour suggérer une ambiance plus que pour imposer une ligne mélodique. Des touches de mandoline, de banjo et de mellotron viennent enrichir l’atmosphère des autres morceaux.
La chanson-titre constitue le cœur du disque, articulant son récit à travers une série de motifs récurrents, des images d’espace, de distance, de grands espaces, de badlands, de tunnels. Si l’inspiration trouve son origine dans une relation à distance, le propos évite toute approche trop littérale.
Je préfère poser des questions plutôt que d’y répondre dans mes textes. Beaucoup des auteurs que j’aime fonctionnent ainsi : ils racontent à travers des instantanés plutôt qu’une narration linéaire. Les paroles trop explicites laissent peu de place à l’imaginaire. J’essaie de capter un sentiment, ou même l’incertitude face à ce sentiment.
Ancien batteur, Blake s’est tourné vers l’écriture de chansons autour du voyage et de la distance lorsqu’il a commencé la guitare à 15 ans. Influencé par Elliott Smith, John Martyn, Bob Dylan, Neil Young ou encore Adrianne Lenker, il s’est d’abord fait remarquer avec des titres folk-pop comme Robot Boy et My Favourite Band, empreints d’une légèreté singulière et d’un sens mélodique naturel. Il a ensuite affiné sa voix sur scène, notamment lors de festivals comme Kendal Calling et de concerts au Windmill ou au Lexington à Londres. Les plus attentifs ont pu l’apercevoir au Moth Club en 2025, où il se produisait avec une formation reformée d’Everything But The Girl, livrant notamment une reprise remarquée de Removed.
S’appuyant sur ces bases, tout en les déconstruisant en partie, The Thread a été enregistré sur une période de neuf mois dans le studio nord-londonien de Sam Hodder-Williams, qui en signe la production. Collaborateur proche, il a également assuré les arrangements de cordes et contribué à de nombreux instruments, de la guitare aux synthés en passant par la mandoline.
Musicalement, je voulais explorer la composition folk avec des arrangements riches. Sam a un vrai talent pour donner forme à un son, notamment à travers les cordes. Nous voulions expérimenter librement tout en conservant une certaine naturalité. J’étais attiré par le minimalisme, mais ses arrangements apportent de la richesse, et je trouve que les deux approches se complètent.
Entouré de musiciens comme Pendo Masote au violon, Tom Allan au banjo, Ella Bleakley aux chœurs ou encore George Vaux à la basse, Blake livre un album aux textures riches et nuancées. Un disque qui avance à son propre rythme, trace son propre espace et invite l’auditeur à s’y immerger.
Il y a énormément de bonne musique en ce moment, et cet album reste assez discret », conclut-il. « Mais j’espère que les gens prendront le temps de s’y plonger. J’essaie simplement d’explorer mon art et de continuer à progresser.