[Le Son du moment] Gabrielle Verleyen / J’oublierai

Si elle écrit et chante depuis l’enfance, l’auteure-compositrice et productrice belge Gabrielle Verleyen suit d’abord un parcours académique classique avant de décider qu’il est grand temps de faire ce qui lui plait vraiment, la musique. De Bruxelles, elle s’échappe à Rotterdam, intègre un conservatoire en chant du monde et monte ses premiers groupes. De ce séjour de 7 ans, il reste des souvenirs intenses et de la tristesse liée au retour. C’est sur ce terreau nostalgique qu’elle écrit un premier EP, Le Lac, sorti en 2021 et arrangé avec ses musiciens. Ce projet lui permettra de se produire sur plusieurs belles scènes en Belgique dont Le Botanique, l’Atelier 210, le Festival FrancoFaune, LaSemo, Les Solidarités… et de faire les premières parties d’artistes internationaux tels que Dominique A, This is the Kit ou encore SYML.

Elle annonce aujourd’hui son retour avec son premier album Fenêtres Ouvertes, attendu sur le label Naff pour le 9 octobre 2026. Fenêtres Ouvertes, promet d’être une éclaircie dans la tempête, ou un orage au milieu d’un ciel bleu. Né du besoin d’exprimer des vécus douloureux, Gabrielle déclare que cet album cherche avant tout à ouvrir les fenêtres pour laisser entrer la lumière non pas pour résoudre, mais pour trouver une direction et réaccueillir la vie. C’est aussi exposer des fragments intimes, rendre visibles des traces longtemps cachées. Le projet aborde des thèmes universels tels que l’emprise, les violences conjugales, les relations à soi et aux autres mais aussi le temps perdu avec une plume intime, vulnérable et puissante, invitant à regarder les reflets du lac plutôt que ses profondeurs sombres. Entre douceur et tension, les arrangements traduisent ces instants en une mélancolie lumineuse. À la croisée de l’indie-pop, de la folk et du rock, la production brute et élégante évoque autant la lo-fi de Clairo que la folk d’Aldous Harding ou la langueur de Lana Del Rey. Enregistré par la chanteuse elle-même dans plus de dix lieux avec un studio itinérant, le disque capte des aspérités et sons ambiants qui le rendent profondément vivant.

Troisième volet d’un triptyque consacré à l’émancipation, J’oublierai est né d’un cauchemar récurrent : celui d’une ancienne relation violente. Si le titre s’ouvre avec douceur et vulnérabilité, il s’agit surtout d’un hymne à la révolte, d’un appel à reprendre le pouvoir sur soi-même. Porté d’abord par un piano lo-fi et une atmosphère indie-pop intimiste, le morceau bascule ensuite dans l’intensité de l’indie-rock. Guitares électriques et chœurs déchaînés illustrent alors le passage de l’emprise à la libération.

Ce tournant est également au cœur du clip réalisé par Joy Lonchay. Tourné sur un lit flottant au milieu d’un grand lac, l’artiste doit quitter son refuge précaire et affronter l’immensité de l’eau pour regagner le rivage. Le visuel incarne symboliquement cette liberté retrouvée et ce dépassement de soi.

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