[Le Son du moment] Eya Patterns / The Potential

Originaire de la mer du Nord, ayant grandi entre le Canada et la Corse, Eya Patterns compose une musique à la fois brute et vaporeuse. Inspirée par le rock alternatif des années 90, elle développe un son grave et enveloppant, qu’elle qualifie de dream-grunge. Sa voix flotte au-dessus des guitares lourdes avec douceur, entre la langueur éthérée de Mazzy Star et la gravité de Nirvana. Son esthétique prolonge cet élan incantatoire et désenchanté où les grands espaces brumeux deviennent les paysages intérieurs d’une musique sensorielle.

The Potential, second extrait du premier EP d’Eya Patterns à venir en mars, est une ballade désenchantée aux sonorités 90s, portée par une guitare acoustique et une production épurée. Le morceau explore la fragilité d’une relation brisée et le potentiel gâché de ce qui aurait pu être. Entre douceur et usure émotionnelle, la chanson évoque des atmosphères proches de Cat Power ou Lana Del Rey. Le single est accompagné d’un clip moody signé Ariane Kiks (Ok Lou, Agar Agar, Max Baby), tourné sous la neige à Bruxelles, renforçant son univers intimiste et cinématographique.

Les montagnes sont partout : dans les obstacles de la vie comme les gammes. Surtout, dans la nature, elles ont ce quelque chose de réconfortant par leur grandeur, leur force et leurs vibrations. La musique d’Eya Patterns, est aussi majestueuse qu’une montagne : avec sa guitare, son folk et son rock indie, elle en soulèverait. Déjà vue en première partie de Flora Hibberd ou aux côtés de Jessica93, Eya Patterns envoûte avec sa voix imposante comme sensible et son grunge stoner des années 90, véritable bande-son d’un film à l’ambiance brumeuse, presque surnaturel.

Née en France, Eya Patterns a passé une grande partie de sa vie au Québec, puis en Corse. De ces voyages, elle ramène un goût profond pour la nature : enfant, elle traversait par exemple une rivière, guitare sur le dos, pour rejoindre un voisin autour de soirées folkloriques, dans des chalets canadiens saturés de musique. Plus tard, la Corse et ses polyphonies prolongent ce lien viscéral aux racines, au rituel et au mystique. Visuellement, Eya Patterns revendique cette esthétique habitée autour d’œuvres à l’aura enveloppée d’un brouillard chargé d’âme comme Donnie Darko, Les Autres de Nicole Kidman, Charmed ou encore American Beauty. Directrice artistique, elle est derrière tout son univers visuel, construit autour de sa fascination pour la végétation, le monde animal, les grands espaces comme tout ce qu’il y a de sublime et mystérieux. Résultat, en véritable PJ Harvey française, elle nous emmène aujourd’hui avec son premier EP dans un voyage mystique, tendre et mélancolique.

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