[Ça se passe à Pau] Le Live sous le Totem du Temps d’une Étincelle

Hier soir à 20h00, en direct sur Youtube depuis la MJC du Laü, le fameux trio Le Temps d’une Étincelle nous présentait son nouveau spectacle « Où sont les Anciens ? », titre issu de leur tout premier album, sorti il y a quelques mois. Retour sur cette soirée enchantée.

Il est 20h00, les projecteurs diffusent une lumière chaude et tamisée sur la scène et les trois artistes font leur entrée ; d’abord William Renard, aux multiples talents – basses et percussions mais aussi comédie et mimes – puis Thibaut Dasté, guitariste acoustique hors pair, et enfin, le chef de la tribu : Armand Charlot, au chant, harmonica et ukulélé.

Thibaut introduit une mélodie à la guitare qu’il étoffe progressivement, très vite rejoint par Armand à l’harmonica et par Will au tambour. Ce préambule musical mystérieux aux airs de l’Ouest Américain nous plonge immédiatement dans l’univers poétique du Temps d’une Étincelle.

S’en suit le moment de se présenter aux spectateurs à travers l’écran : est-ce qu’un spectacle doit vraiment commencer par un « hé salut ! » ? D’un autre côté, comment commencer un spectacle et donner envie aux gens de rejoindre le trio sur scène ? Armand a la réponse : briser le quatrième mur (et du même coup l’écran) en s’adressant à « vous », c’est à dire nous, le public. William nous surveille depuis son tambour ; s’il nous sent prêts à nous déconnecter, il y donne un coup. Les conventions sont dès lors établies : le spectacle peut commencer. L’Ombre d’un Frère, composition originale présente sur l’album, retentit alors.

Ce qui fait toute la force de ce trio réside dans sa faculté impressionnante de nous hypnotiser. On est alors happé dans un monde chaleureux et empreint de poésie, à l’authenticité sans faille. Si l’on regarde bien on peut apercevoir quelques étincelles de magie pétiller de temps à autre aux quatre coins de la scène.

On n’aura évidemment pas manqué de remarquer toutes ces plumes qui ornent les tenues vestimentaires des trois artistes. « Pourquoi la plume ? » demande finalement Armand, qui semble lire dans nos pensées. « Peut-être que la plume, c’est celle de l’écrivain, peut-être que la plume est un objet de légèreté qui rejoint l’étincelle entre le ciel et la terre, peut être que c’est tout simplement la plume de l’oiseau… ». Subtilement, il nous explique comment la plume est devenue l’égérie de son projet.

Les chansons s’enchaînent et aucune d’entre elles ne nous laissent indifférents. De l’envoûtante Entrez dans la Danse aux hauteurs d’Altitude, Le Temps d’une Étincelle nous propose même une inédite, Le Jardin, dont l’introduction nous permet de comprendre ce qui a bercé l’enfance d’Armand : le chant des oiseaux et l’odeur des plantes dans son propre jardin. Il m’avouera plus tard que le spectacle en lui même présente une double lecture et nous en dit un peu plus sur la sensibilité et la démarche naturaliste du Temps d’une Étincelle : en effet, les plumes portées sur scène n’ont pas été choisies au hasard et il en va de même pour le nom des plantes citées dans les chansons : toutes (les plumes et les plantes) sont locales et suscitent une affection particulière des membres du groupe.

Chacun sait ce qu’il a à faire, ce qui témoigne bien de tout le travail de préparation qu’il y a eu en amont. Will alterne entre les percussions et la basse, et, de temps à autre, s’éclipse pour laisser Armand et Thibaut interpréter des chansons plus intimes, comme Ne Tremble Pas. Mais soudain, il craque et quitte le plateau. Et tandis qu’Armand et Thibaut soupçonnent en lui une certaine jalousie, le voilà qui débarque, la tête ornée d’un bandeau d’où sont attachée deux immenses plumes et qui les entraîne tous les deux dans un interlude rythmé qui nous ferait presque penser à du funk (j’ai dit presque).

Au terme de l’émouvante Comme je Souffre Assez pour Deux, Armand explique qu’en tant qu’auteurs de chanson française, un passage engagé dans le spectacle est obligatoire. Mais écrire une chanson engagée n’est pas facile, à l’essai certains s’en sont même arraché les cheveux (pauvre Will…). Finalement, le groupe va nous surprendre encore en nous offrant sa reprise personnelle d’un grand classique de Bernard Lavilliers : Les Mains d’Or. Hasard total ou adroite allusion à la situation actuelle ? Je vous laisser juger.

À l’issue de cette dernière, la fin du spectacle commence à se faire sentir. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’Armand nous déclare officiellement comme faisant partie de la tribu ! Il nous invite donc à former une ronde imaginaire autour des deux derniers contes que le trio va nous interpréter. Quand les premières notes de La Rivière sont égrainées au ukulélé, j’assiste à une vague d’enthousiasme de la part des spectateurs dans les commentaires : c’est la chanson favorite de beaucoup d’entre eux ! Il y est question de nymphéas et d’amours aquatiques ; la féérie opère encore.

Symboliquement, Où Sont les Anciens ?, titre éponyme de l’album, véritable questionnement de l’auteur, clôt le spectacle.

On se sent presque triste quand c’est fini, mais on salue les prouesses artistiques des trois protagonistes sur scènes, et la qualité du son et de l’éclairage due respectivement au travail de Laurette Pereira et de Julien Zalduendo. Armand n’hésite d’ailleurs pas à les remercier, eux, ainsi que la MJC du Laü qui a permis et promu cet évènement. Et il faut avouer qu’au vu des circonstances actuelles, même dernière un écran, ce moment de partage et d’émotion solennels nous aura fait du bien.

Le spectacle reste encore disponible quelques jours sur Youtube. Vous pouvez le retrouver en suivant ce lien : https://youtu.be/T7NWuROLYtg

Leur tout premier album est également en vente sur leur site officiel : https://www.letempsduneetincelle.com/boutique

Et pour tout savoir de ce trio et être tenu au courant des prochains évènements, c’est par ici : https://www.facebook.com/letempsduneetincelle (Facebook), https://www.instagram.com/le_temps_dune_etincelle/ (Instagram).

Crédits photographies : Dominique Piollet /Anaïs Granet

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