[La Reprise du Jeudi] The Viagra Boys & Amy Taylor – In Spite of Ourselves

Le 1 janvier, tout le monde se souhaitait une bonne année 2021, se disant qu’elle ne pourrait jamais être pire que 2020. On commence avec la prise du Capitole et une mutation du COVID plus forte que le Brexit. Ça part mal ? Non, ça part bien parce que les Viagra Boys ont sorti un nouvel album. Les Suédois plutôt punk dans l’attitude peuvent aller vers le jazz avec un saxophone vibrant, vers la soul avec un groove d’enfer. Entre excentricité et sincérité, le groupe mène Welfare Jazz d’un style à l’autre sans renier leur personnalité. Le dernier titre In Spite of ourselves sonne country, on y voit Sebastian Murphy, le chanteur à l’allure déglinguée donner la réplique à une blondinette qui n’est autre que Amy Taylor, la chef de gang de Amyl & the Sniffers. La chanson avance sur un air faussement naïf, ils se disent des mots tendres du genre : Tu bois trop, tu n’es pas très malin, mais t’es mon bébé et je ne te laisserais jamais partir. Un beau duo redneck en somme.

 

Ce titre est en fait une reprise de John Prine. Un nom pas très connu de ce côté-ci de l’Atlantique, ce monsieur a pourtant mené une belle carrière sur la scène country folk américaine des années 70 jusqu’à ce que le COVID vienne le chercher en avril 2020. Il avait pourtant résisté à un cancer de la gorge durant les années 90, qui ne l’avait pas empêché d’enregistrer par la suite. Sa voix râpera juste encore un peu plus. C’est en 1998 qu’il sort un album de duo où il partage notamment le micro avec des légendes comme Lucinda Williams ou Emmylou Harris, c’est sur ce disque que l’on trouve In Spite of Ourselves chanté avec Iris DeMent. Une ode aux couples imparfaits qui s’aime d’un amour tendre. (Dans ce style, on pourrait aussi penser à True Love Will Find You in the End de Daniel Johnston)

 

Imparfait, un couple Sebastian Murphy / Amy Taylor le serait amplement ! Cette dernière chante (ou crie, ça dépend des points de vue) pour Amyl & the Sniffers, groupe punk australien qu’elle compose avec quelques types arborant de belles coupes mulets. D’habitude bruyant, sale et agressif, comme le démontre par exemple le clip de Some Mutts, il semblerait que cette nouvelle d’année coïncide avec une changement d’humeur du côté de Melbourne. Il y a d’abord ce duo amoureux et puis cette reprise de Born to be Alive (tube dont le Labo de Nico avait percé le secret), gardant la rythmique disco. Elle a été enregistré pour une compil’ à l’initiative du festival Rising Melbourne. Le groupe l’a annoncé avec un message : “C’est bon d’être en vie ! CELEBREZ L’ANNEE BIZARRE

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