[Le Son du moment] Iron & Wine / In Your Ocean

Aujourd’hui, Sam Beam avance avec une liberté nouvelle. Plus détendu, plus ouvert, il dit prendre plus de plaisir que jamais à faire de la musique. Cette sérénité irrigue Hen’s Teeth, enregistré dans la continuité directe de Light Verse, lors des mêmes sessions, après une longue période de silence créatif. Les deux albums partagent la même équipe, soudée et complice : David Garza à la guitare, Sebastian Steinberg à la basse, Tyler Chester aux claviers, avec Griffin Goldsmith, Beth Goodfellow et Kyle Crane à la batterie. Paul Cartwright signe les arrangements de cordes, violon et mandoline, apportant une profondeur organique à l’ensemble.

Pensés comme deux œuvres sœurs, les disques se répondent sans se confondre. Là où Light Verse se montre plus lumineux, Hen’s Teeth explore un terrain plus terrien, plus sombre, plus dense et tactile. Les titres Roses, Robin’s Egg, Dates and Dead People, Singing Saw esquissent un imaginaire charnel et intime, où les corps et les sentiments se mêlent parfois jusqu’à la fusion, notamment dans plusieurs chansons qui décrivent des amants si étroitement liés qu’ils en deviennent presque indissociables.

Musicalement, l’album s’inscrit dans une filiation assumée avec Astral Weeks de Van Morrison, tout en laissant affleurer des influences de tropicalia et de jazz. Les collaborations renforcent cette richesse sonore : les duos avec le trio indie-country I’m With Her apportent une délicatesse vocale supplémentaire, tandis que la présence d’Arden, la fille de Sam Beam, aux chœurs et harmonies, ajoute une dimension profondément intime et lumineuse à plusieurs morceaux.

Pour Beam, ces disques incarnent avant tout un plaisir collectif. S’il aime toujours enregistrer sous le nom d’Iron & Wine, c’est la collaboration qui l’anime désormais le plus. Travailler entouré d’amis, être surpris par ce qu’ils insufflent — musicalement et émotionnellement — à des chansons parfois construites sur quelques accords seulement, est devenu central dans son processus.

Je passe mes journées à jouer avec des gens que j’aime, et ils me répondent en livrant leur part la plus vulnérable et expressive. C’est le métier le plus étrange — et le plus beau — qui soit.

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