Eté à Pau Jour 5 – Vurro + Ghetto Kumbe – Pau – 25/07/2019

Vurro (+ live report de Philippe après les photos)

Ghetto Kumbe

J’ai toujours admiré les légendes de la Grèce antique. Il en existe une sur cette créature mi-homme, mi-taureau, le minotaure encagé dans le labyrinthe construit par Dédale, d’où Icare s’échappera jusqu’à s’en brûler les ailes…. Heureusement qu’Ariane était là hein 🙂  Retour sur terre à Pau au festival de l’été qui proposait ce concept taurin mais mixé à la sauce rock’n roll. Délaissons la Grèce d’Achille et prenons la route de Memphis, de Nashville, d’Elvis à Bill Haley, de Fats Domino à Little Richard, des Ventures aux Cramps. Vurro le dit lui-même “a mi me gusta le rock n’ roll” avec un petit accent pointu rappelant son compatriote le grand Salvador Dali. Entre surréalisme et machine à remonter le temps la salsa a magnifiquement pris dans un théâtre de verdure comblé et rassasié jusqu’à la lie. 1. 2. 3. 4 This rock’n roll Vurro let’s go !

Fichu d’une salopette, de grelots à chaque avant bras et d’un énorme crâne de vache sur la tête Vurro a fait son entrée en scène après le premier vrombissement de la sono. Ici dans le plus bel amphithéâtre béarnais se joue déjà la plus grande tragédie rock’n rollienne au final. Nous assistons en témoins souriants, interloqués et hagards à l’entrée du dieu Minotaure. Sur scène, dans la fosse, Vurro connaît l’arène. Il vocifère, incante, invoque dieux, déesses, démons, esprits et tout ce qui peut se trouver en haut ou en bas dans le plus bel enfer pour le rejoindre. Après cet apéritif dînatoire l’homme taureau reprend sa place derrière son espace : une grosse caisse, un clavier moderne, un autre moins et carrément vintage et des pieds de cymbales. Il actionne son tableau digne des plus belles images scopitones des 50’s et nous envoie dans ces années-là à l’originel de la chose.

La machine se met en route. Car Vurro est tout cela à lui tout seul dans ce surréalisme rock’n rollien, une véritable machine au service du dieu rock’n roll qu’il sert de la plus magnifique des manières en revisitant les standards du rock’n roll les plus connus et les moins sus. C’est du rock avec du roll, du rock’n roll qui balance, qui fait danser, qui fait garder les yeux ouverts, hyper vitaminé. Batterie en avant, claviers, piano que ne renient ni Fats Domino, Jerry Lee Lewis voire pour les plus récents Jim Jones Revue.

L’homme orchestre articule et déroule tout son show ne laissant au public pas une seconde de répit. Le public est comblé. Ca danse, çà chante, çà sourit, çà déjante un peu. Le rock’n roll est fait pour cela. Un coup de cornes à la cymbale de gauche(sacré objet qu’il remettra en place plusieurs fois c’est cela aussi l’essence du  rock’n roll) un coup à la cymbale de droite cela se passe ainsi pour les concerts du Monsieur. Le gig nous happe jusqu’à notre dernière goutte de sueur. Moitié concert le public est saigné à la sauce rock-hispano plein de grandiloquence. Mais il faut passer à la suite. Et la suite se fera dans la carnation amenant le public vers son territoire. C’est un Vurro mélangeant l’esprit sombre du blues, le tribal du rock’n roll et la folie qui s’empare du style dans les écrans de fumée mauve, blanche, bleue. Minotaure Vurro devient le roi du théâtre de verdure. C’est chaud, très chaud, plus que caliente ! Mais plein de dextérité, de technique et de musicalité bref le rock’ n roll quoi !

L’artiste remet ici la musique et l’attitude dans son originel et l’offre sur un magnifique plateau vitaminé et monté sur ressorts. Plusieurs clin d’oeil très appréciables aux géants créateurs du style, aux ambiances, aux chansons phares, au son qui ont fait que le rock’n and roll est une fête qui se continue dans la nuit paloise. Tout le monde se ravit à ces sonorités jouées avec autant de fougue, de coeur. 10, 15 morceaux dans la playlist c’est un juke box vintage, le plus beau des juke box qui s’anime comme un squelette désarticulé se rendant à la fête des morts. Reprises oui mais aussi compositions exécutées avec une grande qualité, une grande technique et une grandes maîtrise qui n’est pas sans rappeler ses pairs de la confrérie. Le grand final approche…. Stromboscopé, enfumé de mille couleurs le minotaure le plus hispano du rock’n roll envoit son dernier brûlot à grands coups d’accords plaqués sur son clavier, animal, bestial comme tout adepte de la chose. L’estocade est donnée. Deguello(pas de quartiers) . Le show est incroyable, l’artiste original, Vurro est grand ! “A mi me gusta el rock’n roll si senor !”

Le site officiel : leteapau.com
Photos : © Fabien Maigrat
Texte : Philippe Sargeni
Lieu: Festival L’Eté à Pau (Théâtre de Verdure, Pau, FRANCE) | 25.07.2019

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