Pirineos Sur – Le Miracle Lanuza

Depuis 28 ans, la beauté du site et la magie des montagnes bénissent ce lieu. L’art du partage, la volonté de bien faire et le bien être général donnent l’accès au nirvana. Ici ou se côtoie cirque, théâtre, exposition musique et chant le miracle s’accomplit.

Il est 20h ce vendredi lorsque les nuages ont franchi en force la porte des Pyrénées et la pluie s’est joint aux festivités. Mais il suffit que les musiciens montent sur scène pour que le ciel se dégage et le public se délecte d’un concert avant de rejoindre la grande scène flottante de Lanuza.

Lee Scratch Perry en personne, authentique légende du reggae nous apparaît tel un ovni, un vieillard juvénile de 83 printemps. Ce vétéran des mix, visionnaire des techniques de dub des années 60, a su mettre son imaginaire cosmique au service d’innombrables artistes tel que les Skatalites ou les Clash. Le ton très pro est installé par le trio francophone qui l’accompagne. Le vrai Lee Scratch Ragadub pour nous.

Il fit aussi deux intrusion lors du concert des Third World, une pour distribuer des ships aux musiciens, l’autre pour s’accaparer le micro ; ce qui n’a pas empêché le guitariste de le saluer dignement. Malgré le professionnalisme et les qualités lyrique du nouveau chanteur, Third World n’est plus sans la voix charismatique d’IBO. Seul le guitariste et le bassiste du groupe original figurait sur scène.

Green Valley et Révolutinary Brother, deux groupes espagnols, ont prolongé le spectacle vivant.

Pende Jo DJ à clôturé la nuit sonore.

La belle innovation de la Programmation. Cette année la musique en altitude se veux une nouvelle expérience liant nature et culture. Samedi, Vegetal Jam, le duo violoncelle accordéons se produit au mirador Del Yandel à 1850m.

Le télécabine de Panticosa nous rapproche du ciel ou l’improvisation musicale est dédié à notre mère la terre.

Le dimanche midi, au pied de la yourte du col du Portalet se tenaient les variations sonores de l’argentin Facundo Salgado : son Rumbo Tumba passe du Hip Hop au Dub à la house aux travers d’instruments traditionnels bouclé par l’électronique.

Un véritable bonheur de savourer l’acoustiques de ce cirque naturel. L’occasion de randonner au plus prés des sommets.

Le dernier spectacle de la scène de Lanuza présentait la chanteuse Martirio accompagné au piano du maestro Chano Dominguez. Le duo interprète une partie du répertoire du pianiste cubain Igniacio Villa Bola de Nieve (1911 :1961). Martirio est issue de la période de la movida au coté d’Almodovar au début des années 80. On l’avait entendu ici même en 2014 pour un hommage à Chavela Vargas.

Une autre légende entre en scène vers 23h guitare à la main ; l’un des plus grand protagoniste de l’imparable éclosion de la Bossa Nova, celui qui accompagna prés de 10 ans Vinicius de Moraes.

Le grand Toquinho laissait ces doigts glisser sur le manche avec rapidité et dextérité pour des inspirations Jazz à la manière d’un certain D.R. La superbe voix de Sylvia Perez Cruz se posa timidement sur les notes du célèbre guitariste brésilien.
Raphael javier Colina, considéré comme l’un des meilleurs bassiste de la scène ibérique actuelle entre en scène avec sa contrebasse. Les solos se succédaient pour le plus grand plaisir d’un public respectueux et attentif. Ce peuple espagnol aux grandes facultés musicales et dispositions exemplaires.
Sylvia impose son talent entre les deux maîtres et nous offre une version envoûtée de Son of Silence de Simon and Garfunkel.

Sur les 25 années de présence au festival Pirineos Sur, j’ai vu et écouté de nombreuses étoiles de la musique internationale mais la véritable star du festival est le festival en lui même avec tous ces instigateurs, Javier, Pilar, Begonia,Ruben, Rodrigue Laurena,  Luis… sans qui cet événement n’aurait pas lieu.

Patrice Rolle

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