Peter Kernel / The Size of the Night

Quelque chose d’indispensable à la musique est de sonner vrai. On peut avoir tout le talent du monde, si on se prend pour quelqu’un d’autre, il est possible que ça ne prenne pas, ce n’est des fois pas grand chose, juste une question de ressenti. Peter Kernel n’est surement pas parfait, mais sonne tellement vrai, ils ont une telle faculté à communiquer leur amour, leur énergie ou mélancolie qu’il faudrait être insensible pour ne pas se prendre d’affection pour ce couple suisse, ceux qui les ont vu à Pau à la Centrifugeuse ou au Triangle lors de la Fête de la Musique témoigneront.

 

Sauf qu’à l’aube de l’enregistrement de The Size of the Night, leur nouvel album, Barbara Lehnoff et Aris Bassetti ont été frappés par le décès brutal de leur ingénieur du son Andrea Cajelli. En plus de devoir encaisser la disparition tragique d’un ami cher, il leur faudra apprendre les subtilités du métier, le seul qu’ils déléguaient en grands adeptes du Do It Yourself. Les conséquences techniques, un son plus personnel, peut être même plus ambitieux dans les orchestrations et variations permanentes d’atmosphères. Les conséquences émotionnelles, un disque en forme d’exutoire, There’s Nothing like You est jubilatoire, débordant d’amour et de vie. Pretty Perfect ironise, tout en nonchalance, quand The Secret of Hapiness chasse toute pensée négative, s’auto-convainc que le bonheur est dans le moindre des détails, mais ce titre est grave, fragile et semble quand même thérapeutique. On s’immisce dans leur intimité avec bienveillance, ce n’est pas du voyeurisme. The Men of the Women est mouvant, la voix de Barbara se fait envoûtante alors que viennent marteler comme des gammes orientales, c’est tout le charme de ce groupe dans ce morceau, touchant, contemplatif en même temps qu’inventif et dynamique qu’on retrouve dans de nombreux autres titres de cet album passionnant.

 

A l’heure où on se cache derrière postures et attitudes, que montrer ses émotions serait une faiblesse, tant d’humanité fait vraiment du bien et Peter Kernel mérite encore une fois tout notre amour.

 

 

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