Peach Pit – Pingouin Alternatif – 02/02/2018 (Interview, photo et live report)

C’est toujours étrange de voir Arthez de Béarn comme un carrefour, où les routes des artistes venant d’horizons divers se croisent au Pingouin Alternatif le samedi soir. Peut être que les expérimentés punks basques de Bulletproof Lovers ont passé le péage de Behobi en même temps que les jeunes canadiens de Peach Pit, qui ont commencé leur première tournée européenne par l’Espagne, sans se douter qu’ils allaient au même endroit.

Malgré son patronyme, le parisien Manolo Redondo dit n’avoir jamais joué aussi prêt des Pyrénées. Habituellement accompagné d’un batteur et d’un bassiste qui ne rentrent pas dans la voiture, il fait ici équipe avec un autre collègue guitariste pour un folk aéré sentant plus la campagne que le périf’. S’il chante principalement en anglais, c’est un joli titre en français Navette Spatiale qui clôt le set.

Le bar est bien rempli ce soir, le patron a pu programmer Peach Pit de Vancouver. Le groupe n’en est qu’à ses débuts et entame sa première tournée européenne, mais il pourrait assez vite changer de dimension. Si ses enregistrements sont un peu fades, limite amorphes parfois, ils ont de suite une autre saveur en live. La voix, bien que discrète, est plus chaude, plus douce, et le talent de composition fait le reste, le Drop the Guillotine d’ouverture en est la preuve. Malgré un look très 1985, leur pop est de première fraîcheur, Seventeen plein d’une vitalité contagieuse alors que le titre Peach Pit affiche un léger voile de spleen qui se dissipe vite parce qu’ils sont trop jeunes pour être nostalgiques. Signe d’un réservoir encore peu extensible, certains morceaux se ressemblent, alors c’est Johnny B Good qui vient conclure et miracle, le chanteur peut forcer sa voix ! Un photographe dans le public blague que ce titre va faire un carton. En vrai certains singles ont déjà bien marché sur Youtube, dépassant le million de vues, et on sent bien qu’ils ont les capacités pour faire parler d’eux à plus grande échelle, les magazines, les gros festoches etc etc … Et on se rappellera qu’on les a vu dans un bar à Arthez de Béarn

Sur un plateau de trois groupes, c’est toujours bien d’aller crescendo dans l’intensité, alors après le folk et la pop, voici le punk et le Pingouin Alternatif se transforme en CBGB sous l’impulsion des Bulletproof Lovers. Dès le premier morceau, le guitariste est à genou, le chanteur frustré de ne pas avoir d’instruments se sert de l’animal totem comme tel, les refrains sont repris en chœur et les morceaux s’enchaînent à toute vitesse. C’est tranchant, c’est furieux, c’est rock’n’roll.

Le site officiel : peachpitmusic.com
Interview : © Céline Moreau
Texte : © Julien Beylac
Photos : © Fabien Maigrat
Lieu : Pingouin Alternatif (Arthez de Béarn, FRANCE) | 02/02/2018

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